Beaucoup l’ignorent, mais en France, une loi protège fortement les locataires âgés. À partir de 65 ans, il devient presque impossible pour un propriétaire d’expulser un locataire. Mais attention, ce droit ne s’applique que sous certaines conditions. Voici ce que vous devez vraiment savoir.
Une expulsion impossible après 65 ans ? Oui, mais pas toujours
La loi française prévoit une protection contre l’expulsion pour les personnes de plus de 65 ans, mais celle-ci est soumise à des critères bien définis. Elle concerne essentiellement les locataires résidant dans leur logement principal et ayant des
La condition principale pour bénéficier de cette protection est double :
- Le locataire doit avoir au moins 65 ans au moment de l’envoi du congé par le propriétaire
- Il doit percevoir un revenu inférieur à un plafond défini par l’État
Si ces deux critères sont remplis, le propriétaire ne peut pas donner congé au locataire, sauf s’il lui propose un relogement adapté.
Quels sont les plafonds de revenus en 2024 ?
Les plafonds dépendent de la composition du foyer et sont équivalents à ceux des logements sociaux (HLM). À titre indicatif :
- 1 personne seule : revenu annuel inférieur à environ 25 550 €
- 2 personnes : revenu inférieur à environ 38 000 €
Ces montants peuvent varier légèrement selon les zones géographiques. Il est donc recommandé de vérifier les chiffres exacts auprès de l’ANIL ou votre ADIL locale.
Et si le locataire dépasse le plafond ou a moins de 65 ans ?
Dans ce cas, le locataire perd la protection spécifique liée à l’âge. Le propriétaire peut alors donner congé pour vente, reprise ou motif légitime, avec un préavis de six mois.
Cependant, même en dehors du cadre de la loi, les juges sont souvent sensibles aux cas vulnérables. Un locataire âgé, même non protégé par le texte, peut bénéficier d’un délai supplémentaire pour quitter les lieux.
Quelles sont les situations où l’expulsion reste possible ?
Une expulsion peut se produire même après 65 ans dans certains cas :
- Si le propriétaire lui-même a plus de 65 ans et des ressources modestes
- Si le propriétaire propose un logement similaire dans le même secteur
- En cas de non-paiement de loyer ou de violation grave du bail
La loi cherche à équilibrer les droits du locataire âgé et ceux du propriétaire dans le besoin.
La trêve hivernale prolonge la protection
De manière générale, aucune expulsion ne peut avoir lieu entre le 1er novembre et le 31 mars, quelle que soit l’âge du locataire. Cette période dite de trêve hivernale protège les habitants les plus fragiles durant l’hiver, y compris les familles et les personnes âgées.
Que faire si vous recevez un congé malgré la loi ?
Il est essentiel de ne pas paniquer. Commencez par vérifier si vous rentrez dans les conditions : âge, ressources, résidence principale. Si vous êtes concerné par la protection, vous pouvez :
- Contester le congé devant le tribunal judiciaire
- Consulter un conseiller juridique gratuit en mairie ou à l’ADIL
Ne restez jamais seul face à une demande de sortie injustifiée. Des recours existent.
En résumé : ce que la loi vous accorde après 65 ans
- Pas d’expulsion possible sans relogement si vous avez au moins 65 ans et des revenus modestes
- Protection valable uniquement pour la résidence principale
- La loi protége aussi pendant la trêve hivernale
Il s’agit d’une véritable bouée de secours pour les locataires seniors. Si vous êtes concerné, faites valoir vos droits. Et si vous êtes propriétaire, sachez que des alternatives existent pour concilier vos besoins avec les obligations légales.




